grammaire interactive
 
1.    De quoi s’agit-il ?
Le propos est d’élaborer une « grammaire » de la langue en interaction. La « grammaire » en question reste une « grammaire » classique en ce sens qu’il s’agit fondamentalement d’une description morphosyntaxique de la langue et non de fonctions évoluées renvoyant aux actes de langage, à des fonctions communicatives ou à des primitives pragmatiques comme les principes de Grice ou les règles de Brown & Levinson. C’est une grammaire originale en ce sens que l’appréciation des formes retenues se fait en fonction de la réponse escomptée ou de la question préalable :
    Un ordre ou une question s’évaluera en fonction de la réponse escomptée :
  1. admets ton erreur / impératif indicatif / demande d’acte
  2. admette ton erreur / impératif subjonctif / demande d’acquiescement
  3. je veux que tu... / périphrase modale / demande de négociation
    Une assertion s’évaluera en fonction de la question ou de l’intervention préalable. que vois-tu peut par exemple donner lieu aux réponses suivantes :
  1. trois lapins / quantification définie / réponse « parfaite »
  2. quelques lapins / quantification indéfinie / réponse « imparfaite »
  3. pas de lapins / négation / contenu présupposé
  4. quelque chose / contenu non défini / refus de réponse
 
2.    Pourquoi se lancer dans une telle entreprise ?
Du point de vue des traitements automatiques des langues naturelles (TALN) comme du dialogue homme-machine (DHM), la raison se trouve dans l’inadéquation congénitale des modèles de langages actuels qui utilisent des « grammaires » construites à partir de données sans rapport avec les productions dialogiques, écrites ou orales, réellement observables et qui laissent le soin à un modèle du contenu non propositionnel fondé presque systématiquement sur la théorie des actes de langage de rendre compte des faits interactifs. Il en résulte un fossé que l’on tente en général de combler par quelque chose qui s’apparente à une théorie de l’écart, qui se matérialise par une sollicitation en matière de « flexibilité », de « tolérance aux inattendus », de prise en compte des « reprises », « hésitations », « autocorrections »…, et qui aboutit à une mise en cause des concepts de « correction » et de « complétude syntaxique ».
Du point de vue linguistique, la raison se trouve parallèlement dans la volonté de fondre description de la langue ou grammaire et modèles de l’interaction. D’un côté en effet on trouve des descriptions, mais qui ne correspondent que rarement à des exemples de langue en interaction. D’un autre côté, on a des théories de l’interaction, fortement descendantes, qui ne rencontrent que rarement la parole.
 
3.    Présupposé théorique
Cette approche présuppose une dichotomie qui oppose langue auto-construite (ensemble des énoncés, construits individuellement ou collectivement, qui constituent un « récit » ou un « discours », dont les destinataires ne sont pas des allocutaires individuels susceptibles de répondre en temps réel) et langue co-construite (ensemble des énoncés construits par un locuteur pour un allocutaire qui lui fait face, et qui visent à conditionner une réaction immédiate). Il s’agit de deux modes d’utilisation d’une seule et même langue, avec ceci de particulier que la « grammaire » de ladite langue a été presque exclusivement élaborée, tant en ce qui concerne les données que le mode de raisonnement, sur l’un des deux modes, au détriment parfois de l’autre.
 
 
 
4.	L’état de la recherche
Après un travail sur l’impératif et l’interrogation, on travaille actuellement en lien avec le LIMSI (projet et corpus RITEL). Cela a donné lieu à un article sur les QQ (questions quantificatrices). Carole Lailler a commencé en 2007 une thèse sur le sujet. Il s’agit de bâtir une grammaire interactive de RITEL, en la falsifiant sur d’autres types de données.


5.	Principales publications
- grammaire interactive de l’impératif :
 Impératif, indicatif et subjonctif, In: Revue de sémantique et de pragmatique n°8, p. 7-27, 2000
- grammaire interactive de l’interrogation
 Pour une grammaire interactive : l’exemple de l’interrogation, non publié
- grammaire interactive des questions quantificatrices
 Essai de description interactive des questions quantificatrices, colloque “la quantification”, octobre 2006, 15p, Strasbourg, à paraître aux Presses Universitaires de Caen 
  grammaire interactive des QQ.html
 oral interactif & grammaire
- morphosyntaxe de l’oral :
 Le fenêtrage syntaxique : une méthode d’analyse et d’évaluation de l’oral spontané, In: MIDL 2004, 29-30 novembre 2004, Paris
 Le fenêtrage syntaxique
 Oral et rhétorique, Verba, Vol. 25, 1998, p. 7-30

 fichier attaché      page WEB      diaporama      sur demande
http://ritel.limsi.fr/gramm int_files/imp-ind-subj-rsp.docgramm int_files/grint%20interrogation.docgramm int_files/luzzati%20combien%20PUC.docgramm int_files/grint%20QQ.htmlgramm int_files/or%20int%20%26%20gr.htmlgramm int_files/midl%202004%20fen%20synt.docgramm int_files/fen%20synt.htmlgramm int_files/Oral%20%26%20rhe%CC%81t.docshapeimage_2_link_0shapeimage_2_link_1shapeimage_2_link_2shapeimage_2_link_3shapeimage_2_link_4shapeimage_2_link_5shapeimage_2_link_6shapeimage_2_link_7shapeimage_2_link_8