Dans un premier temps, mon activité de recherche s'est focalisée sur la conception de systèmes d'information adaptatifs et sémantiques (Les projets SWAN, ICCARS et CANDLE). En effet, Internet est devenu une banque d'information gigantesque et aujourd'hui nous avons besoin de systèmes d'information capables de traiter des ressources hétérogènes et disséminées sur de nombreux serveurs. La capitalisation et la réutilisation des ressources sont devenues des enjeux majeurs, de même que l'adaptation/personnalisation des systèmes en fonction des caractéristiques (connaissances, besoins, compétences, objectifs, etc.) des utilisateurs. Ma problématique s'est orientée alors sur les problèmes liés au filtrage des ressources par rapport aux caractéristiques des utilisateurs ainsi que sur l'accès rapide à l'information grâce aux techniques de présentation et de navigation adaptatives. Cela a nécessité de travailler sur l'indexation des ressources selon leur sémantique et le niveau des connaissances nécessaire à leur compréhension. Ces travaux ont mené à la composition dynamique de documents adaptatifs/personnalisés.

Que ce soit dans le domaine de l'adaptation ou dans le domaine des EIAH, il est nécessaire d'observer la situation et d'en tirer des conclusions sur ce qui se passe. Les environnements sont capables de laisser des traces, encore faut-il être à même de les exploiter. Le concept de trace est un concept central dans les travaux que je mène depuis mon intégration au LIUM. Plusieurs projets européens se sont intéressés ces dernières années au processus d'observation des sessions d'apprentissage, notamment dans le cadre du réseau Kaleidoscope. Ils ont permis de clarifier les définitions d'indicateurs, de patrons d'analyse etc. Toutefois, il est rarement abordé le problème de l'opérationnalisation, et jamais la question de la réutilisation automatisée. Le principal problème vient du fait que chaque système possède sa propre philosophie de traçage, par conséquent les solutions sont développées ad hoc. 

En ce qui concerne plus particulièrement ma problématique actuelle, elle repose sur les questions suivantes :

  • Comment aider l'usager (l'enseignant/concepteur) à comprendre, à percevoir le déroulement de sa session?
  • Comment permettre à l'usager de concevoir, modifier, adapter au mieux l'EIAH, éventuellement en cours de session (processus de conception continue)?
  • Comment formaliser le besoin d'observation et son calcul afin de le rendre réutilisable et adaptable?
  • Comment conserver la généricité de la connaissance métier dans des indicateurs basés sur des traces spécialisées?
  • Comment exploiter ce savoir-faire capitalisé pour améliorer la session?

Je m'intéresse donc plus particulièrement à la définition et à l'opérationnalisation du processus d'ingénierie de l'observation en EIAH afin d'aider à l'adaptation et à la réingénierie d'une activité d'apprentissage. Mes travaux s'appuient sur les postulats de l'équipe IEIAH, à savoir l'utilisation d'EIAH scénarisés et nous considérons comme une nécessité, la prise en compte des acteurs dès le processus de conception de l'observation, c'est pour cela que je propose une approche par la prescription qui correspond en quelque sorte à une scénarisation de l'observation.